L’écriture de notre nouveau projet associatif nous a amenés à reparler de notre histoire, à évaluer le présent, et imaginer le rôle social que nous voulons pour notre association dans les années prochaines.

Notre action s’inscrit sur un territoire de proximité au service des personnes qui ont besoin d’une aide humaine et matérielle pour compenser des difficultés cognitives. Ces personnes ont une fragilité à s’inscrire de manière autonome dans tous les cycles de leur vie, les apprentissages scolaires, les relations sociales dont  le travail, le soin à soi-même.

Ce travail sur notre projet associatif nous a montré que nos établissements ne sont pas des espaces fermés, uniquement protecteurs des personnes accueillies ; la vraie vie est dans un va et vient entre intérieur et extérieur ; cette ouverture est un besoin de tous, des personnes accueillies comme des professionnels; la rencontre de l’autre est toujours enrichissante, elle est  mouvement si elle se passe dans l’écoute, elle propose des représentations diverses, atténue les certitudes et interroge sur le sens de sa propre attitude.

Il est bien évident qu’en 60 ans le regard de la société sur les personnes handicapées a changé, mais nous venions de si loin !  Comme tout être humain les personnes handicapées veulent participer au monde dans lequel elles vivent en s’éduquant, en partageant une vie sociale, en travaillant pour certaines ; Elles ont des rêves, comme nous le dit Mélanie, la jeune femme trisomique, qui vient de présenter la météo à  la télévision ; mais il faut encore créer des événements médiatiques comme celui-ci, pour que les personnes handicapées fassent partie du monde visible de notre société. Ces citoyens, dont plus de 4millions présentent des difficultés cognitives, ont à nous apprendre sur l’essentiel, le  lien à l’autre qui fait de nous des humains, et qui est souffrance lorsqu’il ne peut malheureusement s’exprimer.

En France une grande part de l’accompagnement des plus fragiles est confiée au monde associatif ; Voyons le côté positif, c’est une grande confiance accordée à notre secteur. Collectifs tournés vers la création d’un lien social, les associations tentent, dans un projet durable, de réduire les inégalités face à une société de  consommation qui reconnait les plus forts de ses membres,  engendre le « chacun pour soi », voire détruit la cohésion sociale. Notre essence est celle de la création d’un bien commun qui va au- delà de nos seuls bénéficiaires, puisqu’en ouvrant le regard de tous vers les plus faibles, nous concourrons à l’empathie des uns vers les autres sans laquelle notre monde ne pourra survivre.
Notre pays peut être fier de tous ses bénévoles qui œuvrent dans l’échange, dans la liberté de cet acte, et trouvent dans leur don une part de sens à leur vie.  Cette richesse du cœur est un bien commun à préserver.

 

Michèle BOISDE